Cliquez sur le logo pour accéder à Sloughi Europe Info.A NIRÂNE, mon Sloughi.
Nirane sur son coussin, contemple son maître qui dort profondément. Ses yeux noirs suivent le mouvement de sa poitrine.
Les somptueux tapis d’Orient, qui couvraient le sol de la raima (tente, maison), furent son terrain de jeu favori durant les premières semaines de son existence. Sa maman leur donnait la tétée a des heures régulières, puis peu à peu elle ralentit ce rythme, car son lait diminuait. Vint le moment ou elle les laissait seuls plus fréquemment et ne rentrait que le soir, avant le coucher du soleil. Le maître de leur mère un homme de grande taille habille de vêtements amples de couleur indigo s’intéressait particulièrement à ce jeune Sloughi. Il pressentait dans le bel animal un être d’exception. Nirâne de lui-même d’instinct et de par son éducation, devenait peu a peu auprès de ses sœurs, de son frère et des autres Lévriers de la tribu, un chef de meute. Le Touareg, caïd de la tribu le traitait avec beaucoup d’égards et se montrait moins sévère avec lui, pourtant espiègle.
Mais il n’en fut rien de la sollicitude que le maître de sa maman avait pour lui, quand un après-midi, il s’accrocha aux tentures de soie qui entouraient les parois de la grande tente, que ses sœurs et son frère enchantés de sa facétie l’imitèrent et que brusquement tout s’écroula au grand dam de l’épouse du chef de tribu. C’est lui qu’on punit sévèrement pour ce méfait. Ses acolytes caches derrière les couffins se gardèrent bien de signaler leur présence. Il fut corrigé comme, il se doit pour un chef de meute. Le lendemain, son dos et ses fesses gardaient encore le cuisant souvenir de la cravache faite d’une queue de méhari. Il estima mériter cette juste punition, mais son corps resta endolori pendant quelques jours. Il savait qu’il ne recommencerait jamais pareille bêtise.
Par chance le maître de sa mère était un homme de bien et l’incident fut rapidement oublie, sauf pour sa chère maman qui estimait qu’un Sloughi de noble race ne doit pas se comporter comme un malandrin. Nirâne grandissait, son corps s’affermissait. Son intelligence devenait plus étendue, plus pénétrante. Le chef de tribu le regardait grandir, s’épanouir librement, sans aucune contrainte. Depuis sa naissance, la tribu des Targuis changeait fréquemment de place et de région. Il y eut le Mali, le Tanezrouft, le Tafilalet, le Tibesti, le Hoggar, le Ténéré, l’Adrar et depuis peu de temps les voici proches du Tassili des Ajjers.
Il aime cette région pleine de mystère. Il découvre ses secrets, de la même manière de celles qu’il vécu. Le Sahara est son domaine. Son fin museau s’oriente et hume d’est en ouest et du sud au nord, analysant les odeurs qui effleurent ses narines.
Portées parfois par les vents du sud, venues du lointain Niger, les senteurs parfumées franchissent les chaînes montagneuses du Hoggar, et viennent flatter sa truffe noire, pour disparaître ensuite dans la mouvance des dunes. Pleinement heureux de vivre, il aborde chaque jour qui se fait, avec joie et satisfaction.
Depuis la dernière nouvelle lune, «L’homme bleu», le maître de sa chère mère, dirige, admoneste, conseille et parfois s’emporte, contre les hommes et les femmes de sa tribu. Nirâne regarde étonné tous ces gens qui s’agitent fébrilement du lever au coucher du soleil. Qu’est-ce ? C’est la préparation de l'Aïd-el-Kébir. Le jeune Sloughi est surpris que cela soit si important pour les humains. Le «grand jour» arrive, au moment même où le jeune Lévrier du désert atteint son quatrième mois.
La vaste raïma, la tente du chef Touareg est décorée avec faste. De somptueux tapis ont été poses sur les autres. Ils couvrent toute la demeure seigneuriale mobile. Des grands couffins sont placés à gauche et à droite d’un immense divan, submergé de coussins de soie multicolores. Dans la première panière de grandes dimensions, la femme du chef a explique qu’il fallait qu’il y rester sagement. Le maître des lieux lui a dit avec un sourire mystérieux qu’une surprise l’attend. Il a obéi trop heureux de faire plaisir à la très belle maîtresse de son élégante et raffinée maman.
Cagnes sur Mer, 31 août 2007 - Gherard Pichon, auteur.
Yakta oul ouidiane fi nirane
يقطع الوديآن في نيرآن
Il franchira les océans















